Taïssa Thierry Chaves présidente et fondatrice de l'organisation Women in Digital Switzerland

Women in Digital Switzerland a été fondé en 2014 et compte près de 2000 membres.

Pourquoi avoir créer cette organisation?

J’ai été marquée par le peu de femmes speakers lors des conférences abordant des sujets « technologiques ».

C’est de là qu’est parti mon déclic. Il y a environ 6% de femmes speaker, ce chiffre m’est resté. Malgré ce que l’on pense, la Suisse est en retard en matière d’égalité hommes – femmes au travail et dans les postes à responsabilités.

Pourquoi les femmes se mettent moins en avant que les hommes ?

Les femmes ont moins confiance en elles et sont réticentes à s’affirmer comme expertes quand bien même elles ont les mêmes compétences que des hommes reconnus.

Quel est l’objectif de  « Women in Digital Switzerland » ?

 Women in Digital Switzerland organise tous les mois des Meet ups à travers la Suisse pour que les femmes s’échangent du savoir et des compétences.

La clé de l’organisation est le talent et le savoir qui s’échangent en anglais.

Les femmes membres de l’organisation sont heureuses de pouvoir échanger avec d’autres femmes pour discuter de leurs expertises respectives. Elles collaborent ensemble et se recommandent mutuellement.

Pour moi, le talent n’a pas de genre. « Le talent d’abord, le genre ensuite. »

Quel est votre mode de fonctionnement ?

L’organisation n’est pas fermée aux hommes, mais seul le groupe Linkedin reste réservé aux femmes.

Les femmes et les hommes présents lors des meet ups et conférences planifiés par l’organisation sont impressionnés par les pointures qui s’expriment (Ana Caldeira, Digital Acceleration Team, Nestlé, Alisée de Tonnac, Seedstars World, Nathalie Magniez, ST Microelectronics, etc …) mais aussi par l’expertise démontrée par les conférencières lors des meetups mensuels.

Quels sont vos projets pour 2018 et les années à venir ?

Certains hommes se plaignent de ne pas trouver des femmes à la hauteur lors de recrutements pointus, Women in Digital Switzerland veut leur montrer le contraire.

Malgré tout, Je ne veux pas tomber dans le féminisme primaire et je  veux parler de faits et de chiffres. J’aimerais faire bouger les choses et je tente de faire prendre conscience au gouvernement et laux grands dirigeants des avancées encore à parcourir en matière d’égalité hommes –femmes.

Un des projets pour 2018 serait d’inclure les hommes dans nos échanges pour une plus grande représentation des femmes dans le secteur technologique en Suisse.Les témoignages montrent la qualité et l’efficacité des équipes mixtes.

Le Co PDG de PWN (Professional Women Network) est un homme, je trouve cela admirable.

En Suisse,  ces questions commencent à prendre de l’ampleur, il y a une vraie mouvance et un vrai besoin. D’ailleurs, d’autres initiatives commencent à voir le jour.

Les projets à venir seraient donc

  • Inclure les hommes dans la réflexion de l’égalité hommes –femmes à compétences égales

  • Offrir des modèles aux jeunes adolescents qui se choisissent un avenir professionnel

  • Trouver des ambassadeurs (hommes et femmes) qui iraient dans les écoles pour inculquer un état d’esprit visant à reconnaître les talent des personnes avant de regarder de quel genre ils sont.

Avez-vous rencontré des obstacles dans la mise en place de l’organisation Women in Digital Switzerland ?

Je n’ai  pas vraiment rencontré de grande difficulté mis à part qu’il faut consacrer du temps, de l’énergie et de l’argent pour cette cause qui me passionne.

Women in Digital Switzerland a pu se développer grâce à la formidable énergie et passion de la vingtaine de bénévoles au service de l’organisation. Natacha Gajdoczki, Secrétaire Générale et Kelly Hungerford, Vice Présidente, toutes deux membres du comité exécutif ont été des personnes clefs pour le développement de l’organisation.

Y a-t-il un point qui vous tient à cœur dans le développement de votre organisation? 

J’aimerais vraiment que cette question de la reconnaissance des compétences techniques féminines s’inscrive petit à petit dans l’agenda politique suisse. Il faut que le gouvernement et les associations s’emparent du problème pour changer les mentalités et faire en sorte que les femmes ne soient plus discriminées.

Je ne crois pas que les quotas soient la meilleure réponse, mais j’estime qu’ils peuvent avoir des effets bénéfiques pour permettre des changements sociétaux profonds.

Et vous Taïssa, quel est votre parcours ?

D’origine franco-brésilienne, je suis installée ensuite en Suisse depuis 2009.

Après plusieurs années passées en tant que responsable marketing et communication tant en agence que pour des multinationales, je suis actuellement à la tête de l’entreprise Y Coaching & Consulting. Ma mission est d’aider les entreprises à effectuer leur transformation digitale. Coach en entreprise certifiée je fais également du consulting de carrière où je permets aux femmes de se reconvertir et de briser le fameux « plafond de verre ».

Je suis mentor pour des start-ups et donne des cours sur les réseaux sociaux, la vente, le marketing à HEAD (Geneva School of Art and Design) et à la HEG (Haute École de Gestion) de Genève.

Une de mes sources d’inspirations  est Sheryl Sandberg (CEO de Facebook), elle est vraiment reconnue comme une experte dans son domaine, elle a vécu des épreuves difficiles et fait une place aux femmes en les mettant en avant.

 

Envoyer un commentaire